Culture, un mot si prisé par les traducteurs… et pourtant si souvent vecteur d’incompréhensions !

Culture, un mot si prisé pour les traducteurs … et pourtant si souvent vecteur d’incompréhensions !
Quand bien même la traduction est juste – qu’elle ne contient pas de contresens, aucun faux amis, une terminologie exacte… – et qu’elle est fidèle au texte source, qu’est-ce qui peut poser de tels obstacles à une bonne compréhension, à un intérêt, à un plaisir de lire, ou à la transmission efficace d’un message qui percute et résonne ? Tout simplement (mais ce n’est pas simple !) une traduction qui reste trop prêt du texte source emporte avec elle la culture de cette langue source alors qu’elle devrait y inviter celle de la langue cible.

En fait, la culture agit en toile de fond, c’est elle qui donne leur sens à nos comportements, à nos attentes, à nos valeurs et à nos perceptions. C’est elle qui structure notre manière de penser – et donc d’exprimer et d’écrire et qui fait prendre les mots, les plans d’architecte qui traduisent une vision de la maison idéale en réalité. Les œuvres concernant la communication interculturelle sont nombreuses, chacune présentant ses propres variables par lesquelles on peut identifier et comprendre ces différences.

Pour aller encore plus loin, il importe de savoir ce que signifie ici la Culture. L’anthropologue Clifford Geertz la définit comme un « modèle de significations incarnées dans des symboles qui sont transmis à travers l’histoire, un système de conceptions héritées qui s’expriment symboliquement et au moyen desquels les hommes communiquent, perpétuent e développent leur connaissance. » Le psychologue culturaliste néerlandais Geert Hofstede, la définit comme étant la « programmation collective de l’esprit qui distingue les membres d’un groupe. »
A ce titre, communiquer à l’international et toucher les cibles qui ne partagent pas notre culture requiert bien plus qu’une maîtrise parfaite de la langue et de la culture cible ; elle exige également une maîtrise parfaite de la langue et de la culture source.
Même parmi des pays qui partagent la même langue, les différences (en terminologie, valeurs, modes, symboles, humour, structuration de la pensée, etc.) sont légion. Il s’agit d’un segment exigeant du marché de la traduction : nous ne sommes pas que des traducteurs, nous devenons des auteurs, bâtisseurs de ponts culturels, avec une double responsabilité vis-à-vis de nos auteurs ainsi que de nos lecteurs.

Source : Traduire n°228, juin 2013