La traductologie

La traductologie est un terme nouveau, à savoir un néologisme qui est apparu dans les années 1970. La traductologie est comme son nom l’indique la science de la traduction.

Elle étudie les processus cognitifs relatifs à toute reproduction orale, écrite ou même gestuelle, telle que des mimes. Elle intègre des facteurs, comme l’analyse de la traduction, l’analyse linguistique et même psycholinguistiques. Elle va au-delà de la compréhension des concepts – à savoir la sémantique – qui s’y rattachent.

Grâce à une certaine intuition ainsi qu’à une certaine habitude, chaque sujet bilingue traduit de facto, d’une manière ou d’une autre. Par conséquent, la science de la traduction humaine n’avait pas eu pendant longtemps à se poser la question de savoir : « Comment apprendre à l’homme à traduire ? »
Cependant aussi évidente cette conviction soit-elle, elle mérite qu’on s’y attarde. On peut l’illustrer par l’observation d’une expérience intéressante :
Les enfants d’une famille chinoise établie dans la partie anglophone du Canada apprennent progressivement l’anglais, du fait qu’ils y rencontrent des enfants anglophones et fréquentent la maternelle anglaise.

A cinq ans, l’aîné parle un anglais presque normal pour son âge, tandis que le cadet, âgé de trois ans ne parle encore que le chinois avec quelques mots isolés d’anglais. Il est donc possible de bavarder avec l’aîné, mais la barrière des langues rend plus difficile la communication avec le cadet qui n’a pas encore suivi l’intégralité du début du cursus de scolarité de son aîné. Pour communiquer avec lui, on demandait à son aîné : « Que désire ton frère ? » ou « Dis ceci à ton frère ! ».
La question de l’âge auquel s’établit complètement la compétence du bilinguisme chez l’enfant demeure ainsi toujours non résolue.
Une expérience connexe consistait à demander cette fois à l’aîné, non pas de dire ce que son frère voulait exprimer, mais simplement de le traduire. Alors il restait embarrassé. On peut en conclure qu’il savait traduire,
mais ne connaissait pas le « métaterme » traduire. On ne l’avait pas rendu conscient de l’opération qu’il effectuait réellement.

A la première question sur l’apprentissage des opérations de traduction, s’en ajoute donc une autre, plutôt piagienne : « A quel âge est-ce que le concept de traduction se forme chez l’enfant bilingue ? »